J’ai fini Batman Arkham Knight et j’ai des choses à dire !

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Après un Batman Arkham Asylum à l’ambiance savoureuse, un Arkham City perfectionnant la recette efficacement et un Arkham Origin oubliable et oublié, le Chevalier Noir revient dans son plus beau costum…armure pour une dernière aventure censée conclure la trilogie de Rocksteady (Origin n’était pas d’eux).

Alors le meilleur épisode ? Un pétard mouillé ? Est-ce qu’on peut enfin jouer avec Alfred ? Pourquoi Robin est-il seulement chauve alors que Batman est chauve-souris ? Toutes les réponses à ces questions existentielles se trouvent dans les lignes qui suivent.

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Peu après les évènements d’Arkham City, l’Epouvantail menace de libérer un gaz mortel dans tout Gotham. Batman n’a qu’une nuit pour l’arrêter lui et tous les autres criminels en liberté dont un certain « Arkham Knight » qui a l’air d’en savoir beaucoup sur notre Dark Knight.

Si le postulat de base de la ville menacée était intéressant, il est tout de suite désamorcé puisque l’on comprend que c’est juste un prétexte pour vider la ville une nouvelle fois. Du coup, ni veuve ni orphelin à sauver dans Gotham, seulement des criminels à cogner et des grand vilains à arrêter…et des tanks, et des drones…et des hélicoptères… L’Epouvantail a dû gagner à la loterie de Gotham, comment a-t-il pu déployer autant de forces ennemies en moins d’une nuit ?

Soyons clair le scénario de ce Arkham Knight est catastrophique. Il n’était déjà pas brillant dans City mais là c’est vraiment pire. Jamais je ne me suis senti investi dans l’histoire. Les différentes rencontres ne sont là que pour caresser les fans dans le sens du poil et aucun personnage n’est bien écrit à commencer par Batman lui-même qui est encore moins expressif qu’à son habitude mais qui en plus ici à quelques scènes d’arrogances renforçant l’aspect « bourrin » du titre.

Cependant, le pire personnage est bien l’Arkham Knight lui-même. Censé être le vilain à l’identité inconnue, tout connaisseur des comics devinera aisément de qui il s’agit. Malheureusement, il n’enlèvera son casque qu’à la fin et chaque rencontre avec cet ennemi est un prétexte pour nous assommer de dialogues lamentables. L’Arkham Knight n’est absolument pas le rival que l’on aurait pu souhaiter, il est plus proche d’un Anakin Skywalker dans la prélogie Star Wars.

Le niveau n’est pas relevé par l’Epouvantail qui, même s’il est plus posé et intéressant que l’Arkham Knight, se contente finalement de nous menacer bêtement par radio pendant toute la durée du titre.

Alors oui, le rythme de l’aventure est plutôt bon. Il y a des rebondissements, certains amusants, d’autres complètement stupides et certaines séquences bénéficient d’une bonne mise en scène. Seulement après deux épisodes de Rocksteady, il n’y a plus aucun effet de surprise.

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La déception scénaristique ne s’arrête pas là puisque les nombreuses quêtes annexes d’Arkham Knight sont elles aussi assez mauvaises. Seules 2 ou 3 sont intéressantes et plaisantes à faire. Le reste suit le même schéma, seul le contexte change. Exemple : l’Arkham Knight a planté des bombes dans la ville et elles sont protégées par des tanks, allons en désamorcer 16. Un autre : des tours de surveillances sont contrôlées par des gardes de l’Arkham Knight, allons en désactiver 10. Allez un dernier : des victimes d’un tueur en série sont dispersées dans toute la ville, trouvons en 8 et analysons les pour arrêter le criminel.

Vous comprenez le problème ? Ces quêtes annexes ne sont pas intéressantes et nous demande de répéter la même action bien trop de fois, les rendant abrutissantes et énervantes. Oh et bien sûr on retrouve les 200 statuettes à collecter ou éléments à analyser de l’Homme Mystère… Autant vous dire qu’après trois jeux Arkham, le Riddler peut gentiment aller se faire voir (mais du coup je n’ai pas eu accès à la « vraie » fin, merci jeu).

Arkham City avait déjà ce genre de quêtes mais elles étaient bien moins nombreuses et la ville était bien plus petite, la recette était mieux adaptée.

On retrouve encore et encore les trop nombreux trophées de l'Homme Mystère à récupérer...

On retrouve encore et encore les trop nombreux trophées de l’Homme Mystère à récupérer…

Parlons-en d’ailleurs de cette ville ! Enfin Gotham dans toute sa splendeur…mais sans ses habitants. Eh bien après la désillusion du Gotham de Arkham Origins, sachez que cette fois ci elle est très bien designé. Découpée en trois îles accessibles dès le début du jeu (à pied), elle est construite de façon à ce qu’elle soit agréable à parcourir en planant et en Batmobile. De plus, le parti pris esthétique, proche de celui du quartier d’Arkham City, est toujours aussi plaisant.

Et bien sûr, je ne peux pas aborder le monde ouvert sans mentionner le nouveau moyen de déplacement mis à notre disposition dans cet épisode, la star du jeu : la Batmobile. Plus proche d’un Bat-Tank, que d’une simple voiture, elle constitue une vraie grosse nouveauté dans la série. Sa maniabilité arcade permet une prise en main immédiate et très plaisante. Elle peut aussi se changer en mode combat pour détruire les tanks adverses à l’aide de mitrailleuses et de lance-missiles et là encore c’est agréable à jouer.

C’est une bonne nouveauté, c’est indéniable et si le jeu abuse parfois de son utilité au début du titre,  vers la moitié du jeu, c’est mieux dosé. Le souci, c’est que c’est un pas de plus dans l’orientation « explosive » du titre. Manette en main, ça fonctionne mais dès que l’on prend du recul pour réfléchir à ce que l’on vient de faire, on réalise que cet Arkham Knight est très éloigné de la vision classique qu’on pourrait se faire d’un jeu sur le plus grand détective du monde. Du coup, face à cette surenchère d’action, le joueur se posera souvent cette simple question : « What the fuck ? ».

Oui, le joueur se demandera s’il joue vraiment à un jeu Batman quand il devra fuir une pelleteuse géante dans les égouts, ou quand il affrontera littéralement une armée de tanks et de drones dans la dernière partie du jeu ou encore quand il devra combattre un mécha-Riddler… Si, si…

Batman Arkham Knight est donc l’épisode le plus Michael Bay de la saga mais combiné au scénario peu intelligent, on se retrouve devant un jeu très stupide au final et c’est là que réside principalement ma déception.

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C’est d’autant plus dommage quand on constate que d’un point de vue gameplay tout fonctionne. Le système de combat est toujours fluide et jouissif et les affrontements deviennent rapidement difficiles avec une plus grande variété d’ennemis. De même, les salles d’infiltration dans lesquels on doit éliminer tous les adversaires discrètement m’ont paru moins inspirées sur le level design que dans City mais sont tout de même réussie.

Ce nouvel épisode est aussi l’occasion d’amener de nouveaux gadgets forts utiles. Cependant si 2 ou 3 sont vraiment nécessaires pour progresser, tous les autres repris de City (et de Asylum) sont un peu mis de côté.

Enfin, petite nouveauté qui n’en est pas vraiment une, certaines quêtes principales ou annexes nous permettent d’affronter des ennemis à deux. On aura donc le choix entre incarner Batman ou un compagnon qui l’accompagne (selon les situations Nightwing, Robin ou Catwoman). Rien de bien transcendant puisqu’en dehors de ces séquences, on ne peut pas jouer avec ces autres personnages et seule la quête de Catwoman demande vraiment d’alterner entre les deux protagonistes.

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A ce stade-là du texte, vous vous dites peut être que j’ai détesté le jeu, mais en fait pas du tout. J’ai joué à un jeu maitrisé sur le gameplay, pas du tout sur l’écriture et surtout très éloigné de l’idée que je me fais d’une aventure de Batman. Reste le fait que c’était plutôt plaisant à parcourir.

Malheureusement, j’y ai joué sur PC, et il est difficile de passer outre ce portage de la honte. Saccades omniprésentes, framerate instable, textures qui s’affichent tardivement,… C’était pénible et j’ai dû y jouer en tout en low pour limiter les dégâts. Dommage, graphiquement le titre avait l’air très solide avec tout au max ou sur console.

J’aimerais aussi aborder la bande son du jeu. Les doubleurs font de l’excellent travail malgré la piètre écriture et j’ai eu plaisir à écouter les voix anglaise des personnages pour la première fois dans la série. De même, les compositions sont de plutôt bonne facture (on retrouve le compositeur de City, Nick Arundel), seulement il y a beaucoup de reprises et peut être un manque de véritable nouveau thème.

Les quêtes annexes sont peu inspirées...

Les quêtes annexes sont peu inspirées…

Au final, Batman Arkham Knight était plaisant sans plus. Le titre part dans une volonté constante de surenchère (d’action, de personnages, de quêtes annexes) et perd donc tout le charme que pouvaient avoir les précédents volets. Est-ce un mauvais jeu pour autant ? Pas vraiment mais il est triste de voir qu’un univers aussi riche que celui du Chevalier Noir peut être aussi pauvrement exploité.

Alors ce dernier épisode est une déception, un jeu que j’aurais oublié dans deux mois et que je ne referais surement pas contrairement à Arkham Asylum et City. Arkham Knight est encore une preuve qu’un bon gameplay (même pour la Batmobile) ne suffit pas à faire un excellent jeu quand toute l’écriture est à jeter. Dans mon esprit sa place rejoint celle de Far Cry 3, de DMC et, pardonnez-moi, de Lords of Shadow 2.

Parce qu’il est le Batman que le jeu vidéo mérite. Pas celui dont on a besoin…

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(Et si je devais le noter, en temps normal il aurait pu avoir 7/10, pour bien insister sur le fait que le gameplay est carré, mais ce portage lamentable sur PC le fait descendre à 6/10)

PS : A part le premier, les autres screens sont de moi.

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10 réponses à “J’ai fini Batman Arkham Knight et j’ai des choses à dire !

  1. Ton avis est intéressant, et c’est vrai que la conclusion est plus douce que ce à quoi on s’attend en lisant l’article!
    Pour ma part je comptais attendre une forte baisse de prix pour m’y intéresser, trouvant que le jeu a du mal à se renouveler et qu’il perd beaucoup à s’open-worldiser à chaque fois un peu plus… L’aspect honteux de la version PC a fini de me convaincre que ça valait bien le coup d’attendre!

    Aimé par 1 personne

    • A plus bas prix, il est certain que le titre vaudra plus le coup. Je suis critique sur le scénario et l’écriture générale (parce que ça me parait être un point important) mais on peut quand même prendre du plaisir à progresser.

      Aimé par 1 personne

  2. Pingback: TFGA N°10 Les méchants qu’on aime détester | Parenthèses 2.0·

  3. UNE NOTE ?!
    Voila qui est troublant te connaissant 😉
    ayant uniquement fait Asylum je ne sais pas à quel point je suis passé à coté de quelque chose en ne faisant pas City
    La piètre écriture comme tu le mentionnes sur ce dernier opus me chagrine mais je pense qu’il sera quand même mien histoire que je puisse profiter d’un gameplay qui a l’air vraiment régler aux petits oignons 🙂

    Aimé par 1 personne

    • C’est à cause de senscritique la note, ça m’influence 😦
      Effectivement, le jeu peut valoir le coup pour son gameplay mais je te conseille tout de même City aussi, qui, si son scénar’ ne volait pas haut, avait une superbe ambiance.

      Aimé par 1 personne

  4. J’ai fini Arkham Knight également et j’ai des choses à dire ! 🙂
    Si je suis assez d’accord dans l’ensemble avec ta critique, je te trouve quand même dur sur le scénario. Pour ma part, je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire pendant une bonne partie du jeu, malgré le côte abracadabrantesque de la situation de départ (on est d’accord). Et les dialogues m’ont plutôt fait sourire, en général. Par contre, les rebondissements de la fin sont lourds, un peu comme la 53e utilisation de la Batmobile pour un truc que tu as l’impression de pouvoir faire à pieds.
    Bref, tu peux jeter un oeil à mon avis complet par ici : http://nicolastochet.net/batman-arkham-knight/

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    • Il est possible que je sois un peu sévère avec le scénario, c’e’st peut être dû au fait de l’avoir fait après The Witcher 3 qui est d’une justesse exemplaire. Ceci dit, l’histoire ne s’arrangeant pas, je suis content de voir qu’on est d’accord sur la fin qui enchaîne les séquences maladroites.
      L’abus de la Batmobile est aussi un petit défaut, oui.
      J’ai été lire ton avis, on reste globalement d’accord sur ce titre.

      Aimé par 1 personne

  5. Pingback: Bilan de l’année vidéoludique + TFGA N°15 | Parenthèses 2.0·

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